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 Mercutio [Montaigu]

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Mercutio

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Messages : 7
Date d'inscription : 23/06/2009
Localisation : Vérone - Quartier des Plaisirs

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Occupation/Activité: Bouffon oisif de Vérone

MessageSujet: Mercutio [Montaigu]   Jeu 9 Juil - 18:12

Il s'était installé pour la matinée dans une taverne insalubre d'un quartier populaire de Vérone, loin des querelles des Capulet et des Montaigu, loin des devoirs qu'il avait envers son Prince.
Grisé par la foule active qui défilait sous ses yeux, il écoutait à plaisir la cacophonie que formaient les villageois, êtres aux antipodes de sa royale personne qui criaient, s'interpellaient, bavardaient bruyamment et riaient grassement.
Les rues étaient poussiéreuses et les pavés inégaux avaient manqué de le faire trébucher plus d'une fois, provoquant une gêne dont il avait pu se sortir par une pirouette et un rire sonore qui, plutôt que de détourner l'attention des passants sur lui, n'avait fait que l'attirer.
A présent confortablement affalé sur une chaise de bois bancale qui avait connu nombre de fessiers d'ivrognes et de conspirateurs avant lui, Mercutio dégustait une cervoise au goût infâme qui le faisait grimacer à chaque nouvelle gorgée, tout en regardant les uns et les autres avec un intérêt évident.
Ces gens-là semblaient si simples.

D'esprit, assurément, jugea-t-il ensuite en voyant un homme au sourire grivois porter sa grosse paluche aux fesses d'une courtisane qui passait devant lui.
Ses longues jambes étendues devant lui, il appréciait le sentiment d'apaisement que ce lieu lui procurait. Bien que le lieu en question ait l'air dans un état de décomposition avancé.
Une serveuse passa devant lui, lui lançant au passage un sourire aguicheur auquel il répondit à plaisir, ses yeux d'un brun profond s'assombrissant considérablement.

Voilà l'un des grands plaisirs qu'il tirait à être un noble, un parent du Prince de surcroît. Sa mise correcte, ses bonnes manières et sa haute naissance lui attiraient bien des cadeaux de la part des représentantes du beau sexe.
Et il était homme à tirer avantage de ces bienfaits qui lui avaient été offerts au moment illustre où il avait vu le jour.
Se réinstallant un peu plus confortablement sur son siège, sa haute stature se pencha légèrement au-dessus de la table qu'il occupait .
Son coûteux pourpoint était ouvert sur une chemise dont le lien de cuir était négligemment délacé, laissant deviner une carrure droite et musclée.
Ses larges épaules étaient soulignées par le tissu de son habit tandis que sa chemise d'un blanc immaculé comme on n'en voyait que chez les nobles, avait les manches retroussées sur ses avant-bras.
Mercutio, parent du prince Escalus, était homme à apprécier les joies simples de la vie.

Surtout celles accordés par les femmes, convint-il l'instant d'après, son éternel sourire en coin s'étirant un peu plus sur ses lèvres minces, creusant une fossette dans sa joue imberbe.
Mais il réalisait de plus en plus que même pour ceux, comme lui, qu'Insouciance berçait de ses faveurs, le monde pouvait se révéler moins amusant qu'il n'y paraissait. D'aucun lui aurait répondu que la haine qui confrontait les Montaigu aux Capulet n'avait rien d'une farce. La chose, pour Mercutio, se situait ailleurs.

La veille, il avait aperçu Roméo dans les jardins de la villa des Montaigu, déambulant d'un pas lourd. Mercutio s'était enquis auprès de lui de sa mine morose et, croisant un instant son regard sombre, il avait vu dans ses yeux comme un désespoir sans fond que même la plus vive des lumières ne semblait pouvoir éclairer, y éveiller l'espoir le plus chétif.
Mercutio, dans le but de lui redonner le sourire, s'était alors mis en tête de lui narrer l'une de ses nombreuses aventures sentimentales durant laquelle il avait passé quelques bon temps en compagnie d'une femme de chambre de la maison de son très cher parent, le Prince Escalus. Roméo qui quelques temps auparavant aurait réagi avec aplomb, qu'il s'agisse de s'esclaffer avec son ami ou d'essayer, entre deux éclats de rire, de lui inculquer un semblant de morale, avait détourné le pas comme s'il l'avait à peine vu, se retirant loin de la chaleur du soleil. Mercutio l'avait regardé s'enfoncer dans les ombres douces diffusées par les feuillages, sans comprendre le soudain désarroi de cet ami qui lui était si cher.
Avant de disparaître loin du monde, Roméo avait adressé ces derniers mots qui avaient laissé Mercutio perplexe et désorienté :


-Il n'y a que le temps qui puisse soulager et mon âme et mon coeur torturés. Va, mon cher Mercutio, je ne puis que fuir la compagnie des miens.

Étonné d'un tel comportement de la part de celui qui avait été son ami, son frère depuis leur plus tendre enfance, celui qui avait partagé ses bouffonneries les plus stupides et les réprimandes les plus sévères de leurs parents, Mercutio n'avait pas cherché à le retenir, ne comprenant pas comment Roméo, si prompt à rire puisse se montrer d'une telle mélancolie.
Il avait senti Benvolio derrière lui et, se retournant, il avait vu dans ses yeux la même incompréhension qui devait subsister dans les siens.
Nul ne comprenait la soudaine fatigue de vivre de Roméo. Nul ne comprenait ces mots sibyllins qu'il leur accordait parfois.

Passant une main machinale dans ses cheveux bruns en bataille, Mercutio jeta un nouveau coup d'œil à la rue noire de monde et son sourire revint, entier, quand il aperçut les couleurs de ces bien-aimés gredins de Capulet. Un sourire sincère et joyeux, comme s'il trouvait un plaisir franc à chercher querelle à ses ennemis.
Il acheva sa bière, levant le coude pour s'en repaître entièrement puis reposa brutalement sa chope, le métal frappant le bois dans un bruit sonore.
Le dos droit et la main sur la garde de son épée, il sortit de l'auberge, ses yeux étincelant de plaisir.


-Oh là ! Demoiselles ! Interpella-t-il les deux gardes qui déambulaient dans les rues tandis que les passants s'écartaient sur son passage, curieux de voir la scène qui ne manquerait pas de suivre. Pourriez-vous m'indiquer où il me serait possible de trouver la plus teigneuse de vos maîtresse ?

Les deux mercenaires se tournèrent vers lui avec une mine patibulaire. Ils le toisèrent de bas en haut avec mépris et, ne voyant aucun blason sur son habit, se décidèrent à répondre à ses provocations.

-Qui es-tu, chien ? Serais-tu un de ces rebuts infâmes de la maison de Montaigu ?

-Prends garde à tes paroles, j'ai tué pour moins que ça, gronda Mercutio dont la poigne se raffermit sur son épée. Cependant, il se pourrait que, par le plus grand des hasards, je puisse être associé aux Montaigu, répliqua-t-il avec une révérence irrévérencieuse, le regard brusquement glacial comme la Mort. Qu'en est-il de celle qui t'emploie ? Aurait-elle des désagréments féminins qui l'empêcheraient de sortir de ce bouge qui lui sert de tanière ? Où est cette gueuse de Tybalt ?

- Tu ne devrais pas te moquer de ceux comme le Seigneur Tybalt qui pourraient te faire ravaler tes insolentes paroles d'un coup de sabre, vaurien, grogna le plus gras des deux hommes tandis que lui et son compagnon s'avançaient vers l'impudent qui avait osé leur chercher querelle. A moins que tu ne tiennes pas à la vie.

-Le "seigneur" Tybalt ? Me donner une correction ? S'exclama Mercutio en mettant une main faussement prude devant ses lèvres, ses yeux devenant exagérément ronds. Seigneur, dans Votre infinie miséricorde, ajouta-t-il, levant les yeux au ciel et joignant avec conviction les mains dans un signe de prière dévouée, empêchez qu'un tel malheur ne survienne ! Le pauvre chaton risquerait de trouver un adversaire qui lui soit supérieur. Encore !

Sur ces mots et prenant ses opposants de vitesse, il dégaina son épée et se jeta dans la bagarre.




HJ


Age : 18 ans

Pays: France

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Où/comment avez-vous connu ce forum ? Par Flavie

Les règles sont-elles signées? Oui
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Rosaline
L'indécise Capulet
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Messages : 35
Date d'inscription : 14/06/2009

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MessageSujet: Re: Mercutio [Montaigu]   Jeu 9 Juil - 20:11

Excellente présentation! Hilarante je dois dire Razz On cerne très vite et très bien le personnage. ça promet de beaux RPs tout ça. Tu as très bien capté ton personnage, on sent que tu t'amuses, et c'est ce que je te souhaite. "Mercutio est à toi, fais en bon usage"... Je tenais à te féliciter pour ton vocabulaire riche (littéraire, non ? ) et pour ta vision des 'demoiselles' et de leur maîtresse Tybalt... lol
Ta fiche est donc validée, tu peux commencer à jouer.
Si tu as envie d'un rang particulier, tu peux aller ici.

Enfin, Flavie et moi se tenons à ta disposition si tu as des questions.

Si je puis me permettre : Mercutio! C'est Elenor qui va être contente
(voir intrigue modifiée dans les fiches de présentation )

___________________
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Mercutio [Montaigu]
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